(D'après le rapport 2004 établi par le Ministère de l'éducation bolivien)
La Constitution établit que l'éducation est la plus haute fonction de l'Etat, qu'elle est universelle, gratuite dans les établissements publics ("fiscales"), et obligatoire en Primaire (…)
Le niveau Primaire est la base de tout le système éducatif national, puisqu'il permet d'améliorer l'accès à une éducation secondaire et universitaire de qualité.
La loi 1565 de la réforme éducative du 7 juillet 1994, établit le caractère démocratique de l'éducation (…) de la même façon elle introduit le bilinguisme, répondant ainsi à l'hétérogénéité socioculturelle du pays.
Le Programme de Réforme Educative (PRE) a débuté en 1995, avec pour objectif principal de favoriser la qualité, la pertinence, et l'accès à une éducation équitable et interculturelle capable à terme d'améliorer les conditions de vie, de promouvoir le développement de la personne, de renforcer la démocratie participative, et d'augmenter la compétitivité et les capacités de production des Boliviens et des Boliviennes.
Les principales caractéristiques de cette réforme sont : la prise en compte de la réalité interculturelle et de l'enseignement bilingue (…)
A partir de là, on élabore et on distribue du matériel didactique en plusieurs langues (Aymara, Espagnol, Guarani, Quechua…), comme des bibliothèques scolaires à l'usage des enfants et des enseignants (…) De la même façon, on est en train de se doter d'infrastructures, neuves et rénovées, de mobiliers et d'équipements, tout cela dans le cadre des modalités de travail définies par la réforme éducative.
Depuis 1994, un processus de décentralisation a été mis en place, qui confère:
(Dans les faits, les transferts de charges et de responsabilités n'ont pas toujours été accompagnés des moyens financiers nécessaires pour y faire face.)
Estimée à 55%, la population autochtone (principalement issue des ethnies Quechua et Aymara) est prédominante en Bolivie. Le reste de la population est composée des métis (mestizos), estimés à 30% environ, et des Blancs (15%) qui bien que minoritaires représentent d'un point de vie socio-économique la classe " dominante ".
Langues maternelles par zones en % des personnes âgées de plus de 4 ans :
| Zone | Quechua | Aymara | Espagnol | Guarani | Autres |
|---|---|---|---|---|---|
| Rurale | 39,1% | 22,0% | 35,2% | 1,2% | 2,5% |
| Urbaine | 10,1% | 8,7% | 80,2% | 0,2% | 0,8% |
| Total | 20,8% | 13,6% | 63,5% | 0,6% | 1,5% |
Source : INE (2002).
On compte en Bolivie 35 peuples indigènes répartis sur l'ensemble du territoire. Parmi eux, le peuple Aymara (La Paz, Oruro, Potosi), le peuple Guarani (Santa Cruz, Chuquisaca, Tarija), et le peuple Quechua (Chuquisaca, Cochabamba, Potosi, Oruro).
En zone rurale, près de 30% de la population ne parle pas l'Espagnol, rendant ainsi nécessaire l'utilisation de la méthode bilingue.
En 1997, 1.074 unités éducatives appliquaient le bilinguisme. 5 ans après, ce nombre a plus que doublé (2.870)
Taux d'analphabétisme des + de 15 ans par zone et par sexe
| Zone | Hommes | Femmes | Total |
|---|---|---|---|
| Rurale | 14,4% | 37,9% | 25,8% |
| Urbaine | 2,5% | 10,0% | 6,4% |
| Total | 6,9% | 19,4% | 13,3% |
" L'éducation est le parent pauvre du budget national, l'Etat lui consacre à peine un dixième de ses ressources. Ainsi on estime à un million le nombre de jeunes qui ne vont pas à l'école et pire, selon le recensement de 2001, 52,9% de la population bolivienne a une formation scolaire insuffisante et est incapable de comprendre le contenu d'un texte "
" Le petit futé " - 2003
Le ministère de l'éducation fixe les objectifs suivants pour les différents niveaux :
L'administration préconise pour les zones urbaines 20 à 35 élèves par classe pour les cours élémentaires, et de 30 à 40 élèves par classe dans le Primaire et le Secondaire. Dans les zones rurales, elle préconise un minimum de 10 élèves par classe.
Ces recommandations semblent être suivies des faits.
Les unités éducatives (classes) sont beaucoup plus nombreuses en milieu rural, à cause notamment de la dispersion des populations. En revanche comme on peut le constater dans le chapitre précédent, elles accueillent en moyenne beaucoup moins d'élèves. Concernant la qualité des locaux, une étude de 1999 montrait que:
Les ressources de l'éducation nationale proviennent essentiellement de 3 sources:
Durée moyenne de scolarisation* par zone
| Zone | Année 1992 | Année 2001 |
|---|---|---|
| Rurale | 3,4 | 4,2 |
| Urbaine | 7,9 | 9,2 |
| Total | 6,1 | 7,4 |
(*) : Etude réalisée chez les + de 19 ans.
Années d'étude en % de la population des 15 - 24 ans
| Années d'étude | Moyenne Am-Latine | Bolivie |
|---|---|---|
| Entre 0 et 5 ans | 17,1% | 24,8% |
| Entre 6 et 9 ans | 45,1% | 32,4% |
| Entre 10 et 12 ans | 28,8 | 34,1% |
| + de 13 ans | 9,1% | 8,7% |
Années d'étude en % de la population des 25 - 29 ans
| Années d'étude | Moyenne Am-Latine | Bolivie |
|---|---|---|
| Entre 0 et 5 ans | 30,0% | 49,7% |
| Entre 6 et 9 ans | 34,3% | 15,5% |
| Entre 10 et 12 ans | 20,7% | 20,4% |
| + de 13 ans | 15,1% | 14,5% |
Source: UNESCO, OREALC (2002)
On observe une amélioration de la scolarisation en Bolivie : Sur la tranche d'age la plus élevée, près de 50% de la population ne dépasse pas les 5 années d'étude, alors que sur la tranche d'age la plus jeune cette proportion a été réduite de moitié. Concernant les + de 10 ans d'étude, la proportion est passée de 34,9% à 42,8%, avec toutefois une baisse concernant les + de 13 ans d'étude.
On entend par retard scolaire la proportion d'enfants inscrits dans un cours et dont l'age est supérieur de + de 2 ans à l'age dit "normal". Par exemple, l'administration fixe comme age " normal ", 6 ans pour le premier cycle du Primaire. On considère donc que les enfants du premier cycle Primaire âgés de 8 ans et + sont en situation de retard scolaire. Ce retard scolaire commence dès la première année de scolarisation et il concerne 13,6% des élèves en zone rurale (8,1% en zone urbaine). Il atteint son plus haut niveau dans les premières années du Secondaire où il concerne environ 37% des élèves en zone rurale (27% en zone urbaine).
Il y a de multiples raisons au retard scolaire : Le manque d'intérêts des enfants pour la scolarité, la faiblesse des moyens financiers qui touche certaines familles et qui entraîne l'abandon temporaire, l'éloignement des écoles dans les zones rurales… En proportion, le retard scolaire touche davantage les hommes qui peuvent être amenés à délaisser sur plusieurs mois leur scolarisation afin de suivre les cycles de production agricole.
L'absentéisme prolongé provoque le retard scolaire et à terme l'abandon définitif de la scolarisation. Lorsque l'on étudie les raisons de cet absentéisme, on observe que 45,9% des familles interrogées évoquent des problèmes économiques. 41,7% mettent en avant des raisons liées au contexte personnel et familial.
Le manque de formation du personnel éducatif est un problème récurrent dans de nombreux pays d'Amérique Latine. Ces enseignants, qui ne disposent pas encore de la formation pédagogique requise, sont appelés "los docentes interinos". La nouvelle politique mise en place par le gouvernement bolivien tend à apporter la formation nécessaire à une éducation de qualité. Depuis 1997, on observe une nette diminution des "interinos", même si en milieu rural la proportion reste globalement toujours très élevée (25,8%) par rapport aux zones urbaines (14,0%). C'est au niveau élémentaire que la différence est la plus grande (24,8% en zone rurale contre 10,7% en zone urbaine).
Le revenu moyen d'un enseignant est constitué de trois composantes :
Selon les chiffres du ministère de l'éducation bolivien, en 2003 l'échelle des salaires mensuels catégorisés (hors primes) s'établit de la façon suivante :
| Fourchettes mensuelles en bs | En €/mois | % du corps enseignant |
|---|---|---|
| Entre 500 et 1000 bs | Entre 53 et 105 € | 28,82 % |
| Entre Entre 1000 et 2000 bs | Entre 105 et 210 € | 58,67 % |
| Entre 2000 et 3000 bs | Entre 210 et 315 € | 11,08 % |
| Entre 3000 et 4000 bs | Entre 315 et 420 € | 0,69 % |
| Entre 4000 et 5000 bs | Entre 420 et 525 € | 0,03 % |
En réalité, le salaire mensuel de bon nombre d'enseignants ne dépasse pas 500 bs, soit 50 €/mois environ.