" Todo posible, nada seguro ! "
1531- 1825: Sous le joug de l'occupant espagnol
- 1531 : Arrivée en Bolivie de Francisco Pizarro. C'est le début de l'invasion qui sonne le glas de l'empire Inca. Le Haut-Pérou, qui correspondait à la Bolivie actuelle, est conquis en 1538, et en 1543 il est rattaché par les Espagnols à la vice-royauté du Pérou.
- 1544 : L'Indien Diego Huallpa découvre la présence d'argent à Cerro Rico (Potosi), dans une région où l'envahisseur espagnol a déjà imposé sa langue et sa religion.
- 1546 : La ville de Potosi est baptisée " Villa Imperial de Carlos V ". Entre le XVIème et le XVIIème siècle, près de 6 millions d'indiens et d'esclaves venus d'Afrique noire meurent dans les mines d'argent de Potosi. Qualifiée de " coffre-fort de l'Espagne ", Potosi et ses trésors financeront de longues années durant les guerres de conquête et les extravagances de la monarchie espagnole.
- 1781 : Durant plusieurs mois, l'Indien Julian Apaza et ses hommes assiègent la ville de La Paz, poussant les Espagnols dans leurs derniers retranchements. Julian Apaza sera finalement fait prisonnier puis écartelé.
1825: Indépendance de la Bolivie
Simon José Antonio de la Santisima Trinidad Bolivar y Palacios de son vrai nom. Né le 24 juillet 1783 à Caracas (Vénezuela). Mort le 17 décembre 1830 à Santa Marta en Colombie.
Chef des guerres d'indépendance des colonies espagnoles d'Amérique du Sud dès 1813.
En 1819, il s'empare de la Nouvelle-Grenade (Colombie actuelle), et en 1821 du Venezuela. Avec le général Antonio José de Sucre, il libère ensuite la Bolivie et le Pérou.
Le 11 août 1825, il devient le premier président de la Bolivie. Antonio José de Sucre lui succèdera le 01 janvier 1826.
Son seul échec réside dans son impuissance à unifier les anciennes colonies espagnoles en une seule et même fédération.
Le nom même de la Bolivie est un hommage rendu à son libérateur Simon Bolivar, tout comme le sont également l'appellation de la monnaie bolivienne (el Boliviano) et de celle du Venezuela (el Bolivar). En 1999, le Président vénézuelien, Hugo Chavez, fait adopter la nouvelle appellation de son pays : le Vénézuela devient " La République bolivarienne du Venezuela ".
- Il s'en suit 40 ans d'instabilité politique, provoquée par la convoitise des pays voisins et par les dissensions internes de la classe dominante. Plusieurs Présidents succèderont à Bolivar et Sucre (Santa Cruz, Gamarra, Ballivian, Belzu, Linares, et finalement Acha qui tentera d'accomplir la volonté de Bolivar en rendant la terre aux paysans.
1864 - 1934: Guerres et pertes territoriales.
- 1864-1872 : L'ère Melgarejo. On impute à Mariano Melgarejo la plupart des grandes pertes territoriales de la Bolivie:
- Parmi elles, la province du Mato Grosso qu'il céda au Brésil contre un cheval et la décoration de " Cruzeiro do Sul ". Mais Melgarejo a surtout été l'homme de l'oligarchie de l'argent, comptant parmi ses ministres la crème de l'intelligentsia du pays. Il dépouilla de leurs terres une grande partie des communautés paysannes, ce qui provoqua la marche de 20.000 indiens sur La Paz, et donc sa propre fin à la tête du pays. Après plusieurs gouvernements de transition, le général Daza provoque un coup d'état et prend les reines du gouvernement.
Melgarejo était également un personnage d'un abominable mauvais goût : ainsi obligeait-il ses ministres à embrasser les fesses de doña Juana Sanchez, sa femme !
Un soir de beuverie, il donna l'ordre d'envoyer son armée par voie terrestre pour sauver…la France, qui venait d'entrer en guerre contre la Prusse, avant de se raviser après une journée de dégrisement
Bolivie - Chili: La guerre du Pacifique
- 1879-1883 : Guerre du Pacifique :
La coalition Pérou-Bolivie est défaite par le Chili. La Bolivie perd le port d'Antofagasta et donc son seul accès à la mer. Elle abandonne également au Chili les gisements de salpêtre et de cuivre du département d'Atacama connus pour être les plus grands du monde.
L'oligarchie bolivienne joua un rôle des plus obscurs dans ce conflit. Détenant des participations au sein de plusieurs sociétés chiliennes, elle est soupçonnée d'avoir tout fait pour retarder l'entrée en guerre de l'armée bolivienne, laissant ainsi à son adversaire tout le loisir de mieux se préparer. On évoque même l'existence d'accords secrets entre le Chili et les oligarques boliviens.
Bolivie - Brésil: La guerre de l'Acre
- 1898 : Après 15 ans de gouvernement " Conservateur " pro chilien, les " Libéraux " arrivent au pouvoir grâce à une révolution dirigée par un comité fédéral et appuyée par les Indiens. Le nouveau gouvernement, emmené par le général Pando, installe son siège à La Paz (il y siège encore aujourd'hui, bien que Sucre soit depuis toujours la Capitale du pays).
- 1899 : Guerre de l'Acre contre le Brésil. En pleine explosion du marché du caoutchouc, les deux pays se disputent cette partie de la forêt amazonienne. La Bolivie finit ainsi par céder une partie importante de son territoire, contre 2 millions de livres sterling et un chemin de fer qui ne sera jamais construit.
- 1904 : le nouveau Président, Ismael Montes, est contraint par le Chili de signer une trêve définitive concernant les territoires côtiers. La Bolivie reçoit en échange la construction du chemin de fer Africa-La Paz, la libre circulation pour les marchandises boliviennes, ainsi qu'une indemnisation de 4 millions de livres sterling.
Le territoire laissé à cette occasion par la Bolivie assure aujourd'hui 60% des exportations chiliennes, grâce notamment à la mine de cuivre la plus grande du monde (Chuquicamata).
Bolivie - Paraguay: La guerre du Chaco
- 1921 : Le dirigeant " Républicain ", Bautista Saavedra, accède à la présidence de la République. C'est sous sa gouvernance que la compagnie pétrolière " Standard Oil " signe un contrat d'exploitation du pétrole bolivien.
- 1932-1935 : Guerre du Chaco contre le Paraguay, avec, en fond, une bataille commerciale qui oppose la " Royal Dutch Shell " (qui mise sur le Paraguay) et la " Standard Oil " (implantée en Bolivie), et qui poussent les deux pays à entrer en guerre pour s'approprier les supposées réserves de pétrole du Chaco. La Bolivie, une nouvelle fois défaite, perd plus de 200.000 km² de son territoire.
4 ans d'hostilités, plus de 65.000 morts et 200.000 blessés, tout cela pour s'apercevoir finalement que pas une goutte de pétrole ne coule dans le sous-sol du Chaco !
1934 - 1964: Le pouvoir corrompu de l'oligarchie.
1964 - 1982: 18 ans de dictatures.
- 1964 : La situation intérieure du pays dégénère. Victor Paz Estenssoro emprisonne les femmes qui militent publiquement pour la libération de leurs maris syndicalistes. En octobre de la même année, c'est le massacre des mineurs à Sora Sora. Les manifestations étudiantes finiront par provoquer l'intervention de l'armée.
- 1964 : Le général Barrientos Ortuño, vice-président de Victor Paz Estenssoro, s'empare du pouvoir. Favorable aux grandes multinationales, il supprime les milices ouvrières et envisage la dénationalisation des mines du pays. Sa politique entraîne une diminution de moitié des salaires des mineurs qui répondent par un premier front de contestation. Le deuxième sera le fait d'universitaires et d'intellectuels pro castristes qui rêvent d'un second Vietnam.
- 1967 : Les mineurs sont soupçonnés par le gouvernement bolivien de soutenir Ernesto " Che " Guevara (²) qui, avec l'aide de volontaires cubains et de guérilleros venus d'autres pays d'Amérique du Sud, forme l'armée de libération nationale (ELN) et tente d'implanter la guérilla dans le Sud du pays. Il s'en suit le terrible massacre de la Saint-Jean dans les centres miniers. Le héro argentin de la révolution cubaine meurt finalement quelques mois plus tard, trahi et lâché par le Parti Communiste bolivien dont il attendra désespérément le soutien.
ERNESTO GUEVARA, " Le Ché "
En 1995, à New York, le général bolivien à la retraite, M. Vargas, révèlera le lieu d'inhumation d' Ernesto "Che" Guevara, et rapportera ses dernières paroles face à son bourreau :
Tire lâche, tu vas tuer un homme
En 1997, ses restes sont retrouvés dans une fosse commune de Vallegrande, à proximité de Santa Cruz. Ils seront rapatriés à La Havane (Cuba).

Ernesto Rafael Guevara de la Serna est né le 14 juin 1928 à Rosario (Argentine). Il est mort exécuté par l'armée bolivienne le 09 octobre 1967 en Bolivie.
Issu d'une famille aristocratique désargentée, il reçoit une solide instruction. Sa mère lui enseigne le français. Il suivra plus tard des études de médecine, et c'est d'ailleurs comme médecin qu'il rentrera des années plus tard dans la guerilla.
C'est en 1951, en traversant l'Amérique du Sud à moto avec un ami, qu'Ernesto Guevara prend conscience de la pauvreté et des inégalités sociales. Pour lui il n'existe qu'une seule solution : la révolution par les armes.
En 1955, il rencontre à Mexico le leader du mouvement du 26 juillet, Fidel Castro. Les deux hommes partent pour Cuba et organisent la guerilla contre le dictateur Fulgencio Batista alors soutenu par les américains. En 1959, Guevara lance l'offensive sur Santa Clara avant que les guerilleros entrent triomphalement dans les rues de la Havane
Guevara devient alors l'un des leaders les plus en vue de l'Etat cubain. Il met en place une politique économique largement inspirée du modèle marxiste.
En 1965, Guevara quitte Cuba afin de propager l'esprit de la révolution cubaine, d'abord au Congo, sans succès, puis en Bolivie où il sera finalement capturé et exécuté (1967).
De nombreuses thèses ont été échafaudées autour du la mort du " Ché " et des possibles trahisons dont il aurait été victime. Au cours des dernières années avant sa mort, Guevara ne s'était pas privé de critiquer publiquement l'URSS qu'il accusait de ne pas être socialiste ! Son discours d'Alger en 1964 provoquera la colère du Parti Communiste bolivien et mettra dans l'embarras son vieil ami Fidel Castro. Si " le Ché " était une cible de choix pour les américains et la CIA, il était également devenu un guerillero " encombrant " pour les responsables soviétiques.
- 1969 : Coup d'état du général Ovando qui fera occuper les installations de la compagnie pétrolière américaine " Gulf Oil Company ". Après 1937, c'est une nouvelle fois la nationalisation des hydrocarbures avec la signature du décret de réversion à la YPFB, la compagnie pétrolière bolivienne. Le général Ovando sera finalement renversé par le haut commandement militaire.
- 1970 : Grande grève générale pour réclamer le départ de la dictature militaire.
- 1971 : Session de l'Assemblée populaire à l'initiative de la centrale ouvrière qui tente de créer son propre gouvernement. Des négociations sont menées avec le général Torres qui s'accroche au pouvoir
- 1971 : En Août, le coup d'état du général Banzer met fin à toutes les tractations. Au pouvoir jusqu'en 1978, il interdit les syndicats, crée des camps de concentrations pour y enfermer les opposants politiques et les " traîtres ", impose un régime de terreur, bien aidé en cela par l'un des cerveaux de ce régime qui n'est autre que le nazi Klaus Barbie. Favorable à la bourgeoisie locale, il engage des dépenses inconsidérées dans tout le pays. Au cours de son septennat, la dette extérieure bolivienne va passer de 500 à 3.500 millions de dollars. Pourtant le pays continue encore de vivre dans une certaine aisance, grâce notamment à l'évolution des cours mondiaux des matières premières dont regorge le sous-sol bolivien.
- 1975 : Banzer envoi l'armée pour mâter la révolte des paysans qui se dressent contre la dictature.
- 1977 : Aurora Villaroel et Domitila Chungara, suivies de quelques autres femmes, commencent une grève de la faim. Leur lutte rassemble rapidement derrière elles une grande partie du pays et finit par déclencher une grève générale, obligeant le général Banzer à organiser des élections. C'est son propre dauphin, le général Péréda, qui devient alors Président après une élection truquée.
- 1979 : Nouvelle élection. Une femme est élue à la présidence du pays : Lidia Gueiler entre immédiatement en conflit avec l'armée.
- 1980 : Coup d'Etat sanglant du général Luis Garcia Meza appuyé par des militaires argentins et des proches du général Banzer. Luis Garcia Meza est l'homme des trafiquants de cocaïne qui s'installent du même coup dans les plus hautes sphères de l'Etat. Emprisonnements, exécutions sommaires, les leaders syndicaux font partie des premières cibles de ce nouveau régime sanguinaire. Luis Garcia Meza sera en fait le dernier dictateur bolivien. Il purge actuellement une peine de prison de 30 ans.
1982 - 2005: La démocratie, entre privatisations et nationalisations.
2005 : Evo Morales Président: A l'aube d'une ère nouvelle ?
- 2005 : le 18 décembre, pour la première fois depuis le retour de la démocratie (1982), un candidat à la présidence de la République remporte l'élection à la majorité absolue. Evo Morales, candidat des " cocaleros " et représentant du MAS (Mouvement vers le socialisme), devient par la même occasion le premier Indien (Aymara) à accéder à la magistrature suprême.
- Evo Morales a su rallier les suffrages bien au-delà de son électorat naturel, autour d'un programme politique où l'on retrouve l'intervention de l'Etat sur les hydrocarbures et la création d'une Assemblée constituante, mais aussi la décentralisation de l'Etat à travers la mise en place d'autonomies régionales.
- Dans le département de La Paz et plus particulièrement dans la ville populaire d'El Alto, bastion de la révolte sociale qui ces dernières années a renversé deux présidents (Sanchez de Lozada et Carlos Mesa), Evo Morales recueille plus de 60% des suffrages, ce qui devrait lui assurer une période de stabilité au sein des mouvements sociaux qui l'ont porté au pouvoir.
- Admirateur du " Ché ", allié politique d'Hugo Chavez (Venezuela) et de Fidel Castro (Cuba), Evo Morales a clairement marqué ses distances avec les Etats-Unis et Georges Bush à qui il s'oppose sur la délicate question de la culture de la Coca.
- Pourtant, Evo Morales devra chercher sa propre voie, entre l'application des promesses électorales qui l'ont porté au pouvoir et les nécessaires négociations qu'il lui faudra mener. Dans un pays où seules les grandes multinationales ont actuellement la capacité logistique et financière d'exploiter le sous-sol bolivien, où les régions de l'Est du pays, qui sont aux mains d'une oligarchie blanche largement minoritaire, représentent à elles seules 85% des ressources gazières, 30 % du PIB, et 58% des exportations, comment opérer une plus juste redistribution des richesses sans effrayer la classe " dominante " et prendre le risque de faire fuir les capitaux?
- Mai 2006: le 1er mai sera un jour historique pour l'avenir du pays: le Président Morales annonce la nationalisation totale du pétrole et du gaz bolivien. L'armée prend possession des réserves énergétiques et un délai de 180 jours est donné aux compagnies pétrolières privées pour négocier de nouveaux contrats avec l'Etat.